the Gypsy (laces and flowers)

j mann 3

Elle convoquera sa Ville

Litanie plaintive

Mantra régulier

Chant lancinant

Son Ispahan

Son âme sœur

Sa source vive

Elle y retrouve ses vingt ans

 

Elle y conjugue un peu, beaucoup,

Passionnément,

Vénère sa gueule de gamine

Affronte son aura mutine

Adoube la duplicité

De son atroce dulcinée

 

(who are you when no one is watching)

 

Dans ses voies graves et sonores

Elle déambule passages et quais

Évitant les matamores

Comédienne de l’art(e)

Sa vie réinventée 

Elle s’enivre des possibles multipliés

Se shoote aux probables qui sont légion

La liberté distillée en fabuleux poison

L’immunité pour addiction

Émancipation pour prénom

 

De son seul soleil noir

Elle illuminera les jours obscurs

La restituera à sa nature

Etat sauvage, front insolent

Elle courtisera les terrasses

Les palissades, les balustrades

Les bistrotiers en noir et blanc

 

Elle flirtera avec le vent

Le Grand Palais

Le Quai d’Orsay

Et leurs frontons impertinents

Ville-lumière, bâtie en l’air et adultère

 

Elle retrouvera l’Identité

La vraie, l’unique, la légitime

Dans ses errances illégitimes

Usurpatoires, libératoires

Elle n’y est plus femme, compagne ultime

Désengagée, désunifiée

Elle y recouvre l’Unicité

 

Elle y court après son ombre

Et nul ne sait.

 

 

Ont été convoqués pour ce billet :
Esther Granek
Georges Moustaki
Montesquieu
Jeremy Mann pour l’illustration
Stevie Nicks pour la musique

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