Blanche et muette (habillée des pensées que tu me prêtes)

dolores-del-rio

Si j’étais un objet,
Un éventail, Cadiz, Andalousie
Une fraîcheur de crépuscule
Te vient à chaque battement
Dont le coup prisonnier recule
L’horizon délicatement. 
(L'éventail, Mallarmé)

Si j’étais une couleur, je serais 
Johnny Cash
Barbara
Juliette Greco

Si j’étais un pays, 
Je ressemblerai à la Louisiane, À l'Italie
Le temps durerait longtemps
Et la vie sûrement
Plus d'un million d'années
Et toujours en été

Si j’étais un son, 
j'aurais 5 ans, ma tête posée sur la poitrine de mon père, ta voix se ferait caverne, cocon, amiotique

Si j’étais une odeur, 
Ton odeur sur l’oreiller, l’intimité, familière, celle de ta nuque, la naissance de tes cheveux
Ta présence dans l’absence

Si j’étais un aliment, 
Une orange sur la table
Ta robe sur le tapis
Et toi dans mon lit
Doux présent de la présent
Fraîcheur de la nuit
Chaleur de ma vie 
(Alicante, Prévert)

Si j’étais une saison, 
Une presque-nuit, un jardin, un treillis, la chaleur enfin apaisée, les grillons 
L'Eté.

Si j’étais un couple, 
Franz et Milena 
Guillaume et Lou, 
des mots et une passion, 
l'attente, la distance
le je, nos jeux
les stimuli
L’Epistolaire 

Si j’étais une fleur, 
Coquelicot, en robe vaporeuse couleur sang, esseulée parmi les blés, je me disperserai aux mille vents 
si tu tentais de m'attraper, refusant tout destin cocardier, loin des tranchées
Après l’Homme, après l’Homme,
Qui dira aux fleurs comment elles se nomment ? 
(Après l'Homme, Esther Granek)

Si j’étais un poème, 
Toute chose 
S'est animée de la possibilité de ta présence
De la possibilité que tu t'asseyes sur la peau de la chaise
Que tu passes les doigts sur le corps de la table
Que ta voix retentisse dans les veines de la chambre
(Probabilité, Roja Chamankar)

Si j’étais un proverbe, 
(je n'aime pas les proverbes)

Si j’étais un moment de la journée, 
Celui de si j'étais une saison

Si j’étais une date, 
Hier, aux contours effacés,
Je n'aurais d'avenir,
Ni éphéméride

Si j’étais un objectif 
Argentique

Si j’étais un souvenir d’enfance, je serais 
L'Absence

(en réponse à Kaymet <3)

Le titre est de Marcel Mariën
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2 réflexions sur “Blanche et muette (habillée des pensées que tu me prêtes)

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