Chambre 32

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Tu me complètes

pièce de mon puzzle intime

tes contours m’épousent parfaitement

rouage manquant de mon mécanisme

défaillant le reste du temps

 

Tu me libères

Cet autre moi,  vaste, fort, beau et vivant

Dans notre lieu sans espace ni temps

Forcés les cadenas, crochetées les serrures

Des carrés blancs dans la sciure

 

Tu me traduis

Interprète de mes signes mésoscopiques

Notre algorithme dédié

Suite infinie et ambiguë d’interactions

Code source, une solution pour chaque entrée

 

Tu me réinventes

moi qui reste à nommer

dans notre dimension intermédiaire

les micromètres qui nous séparent

la superfluidité est démontrée

 

Une brève histoire de l’avenir

Une brève histoire de l’humanité.

 

Bande-son 

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Troublent le ciel, qui rit de leurs scandales

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Je ne voudrais pas que tu la lises

car tu pourrais tomber amoureux d’elle

elle écrit si bien

et elle écrit beaucoup

elle écrit exactement comme j’aime

c’est corporel, tactile, épistolaire

 

elle lui écrit à lui qui est absent

lui qui ne répond pas aussi vite

ni avec autant d’intensité

 

je ne voudrais pas que tu la lises

parce qu’elle est plus que moi

 

 

 

 

 

 

Voltaire pour le titre 

Sache devant qui tu te tiens

Vous m’aviez dit ne pas conserver un souvenir favorable de cette ville, le poids de son histoire en général et, en particulier, celle qui a touché vos coreligionnaires – c’est le mot que vous avez employé, comme souvent pas des plus usités, je les saisis au vol, moi l’athée, comme des promesses de contrées encore à découvrir, vos steppes de savoir, vos prairies non familières – conjugué à la désinvolture de la multitude touristique.

Je vous avais écouté sagement, bonne élève sur les bancs de votre faculté. Moi j’avais alors une autre image de cette ville, que je ne connaissais que de livres et de pellicules, une image faite de littérature et de romances épistolaires, d’adaptations cinématographiques, de jeunes filles appareil photo en bandoulière, de sonorités qui claquent et de noms en (Kafka, Jesenská, Kundera).

Mais j’ai compris une fois là-bas. La ville déverse ces hordes de touristes, bien trop nombreux pour ses entrailles moyenâgeuses, bien trop alcoolisés aussi. Une indécence confrontée au souvenir prégnant de Votre souffrance, comme une insulte reléguant l’Everest de vos douleurs au rang d’un Disneyland que l’on aurait construit sur un cimetière judéen.

Pourtant je l’ai beaucoup aimé moi cette Prague-là : son architecture multiple, lumineuse dans le soleil d’été, ses reflets sur les coupoles, répétée en une infinie perspective, écho d’une religiosité sans réalité, son dédale de rues, pavées, les bords de la Moldau en fin de journée, ces airs d’une Rome incandescente, son pont majeur et les mineurs, son quartier étoiles et synagogues. Cette ville douce comme une amie au prénom venu d’ici*.

Alors j’ai souhaité vous ramener une autre image de cette ville, de ce voyage, en terre d’exil et de déportation, vous qui étiez un peu parti avec moi, auréolée de votre bénédiction, enveloppée de votre bienveillance, vous dont la voix s’adoucit dès que je m’annonce au téléphone, vous à mes côtés. Une image colorée et riante, comme le sont nos rendez-vous, célébration d’une judaïté joyeuse, sans lendemains d’horreur, sans siècles de négation, de concentration, d’extermination, de normalisation. Une image faite de rouge et d’or pour combattre la nuit et le brouillard, une image pour vous offrir ma gratitude en présent et consacrer notre fraternité.

Parce que les traces et les souvenirs résistent au pire, parce que l’on ne détruit pas l’identité d’une ville, ni celle d’un Peuple.

A défaut de sangs mêlés, Aux hymnes mélangés, de Smetana à Hatikvah. Tu vois.

Lechana tova tikatev veté’hatèm

 

 

* elle se reconnaîtra ❤

 

the Gypsy (laces and flowers)

j mann 3

Elle convoquera sa Ville

Litanie plaintive

Mantra régulier

Chant lancinant

Son Ispahan

Son âme sœur

Sa source vive

Elle y retrouve ses vingt ans

 

Elle y conjugue un peu, beaucoup,

Passionnément,

Vénère sa gueule de gamine

Affronte son aura mutine

Adoube la duplicité

De son atroce dulcinée

 

(who are you when no one is watching)

 

Dans ses voies graves et sonores

Elle déambule passages et quais

Évitant les matamores

Comédienne de l’art(e)

Sa vie réinventée 

Elle s’enivre des possibles multipliés

Se shoote aux probables qui sont légion

La liberté distillée en fabuleux poison

L’immunité pour addiction

Émancipation pour prénom

 

De son seul soleil noir

Elle illuminera les jours obscurs

La restituera à sa nature

Etat sauvage, front insolent

Elle courtisera les terrasses

Les palissades, les balustrades

Les bistrotiers en noir et blanc

 

Elle flirtera avec le vent

Le Grand Palais

Le Quai d’Orsay

Et leurs frontons impertinents

Ville-lumière, bâtie en l’air et adultère

 

Elle retrouvera l’Identité

La vraie, l’unique, la légitime

Dans ses errances illégitimes

Usurpatoires, libératoires

Elle n’y est plus femme, compagne ultime

Désengagée, désunifiée

Elle y recouvre l’Unicité

 

Elle y court après son ombre

Et nul ne sait.

 

 

Ont été convoqués pour ce billet :
Esther Granek
Georges Moustaki
Montesquieu
Jeremy Mann pour l’illustration
Stevie Nicks pour la musique

ipséité & eccéité

tonk cage 1

– Annamite

– Je me doutais que votre exotisme ne se cantonnait pas au domaine médical. Vous connaissez Joséphine Baker ?

– Oui (elle sourit)

[C’est moi qui suis sa petite,
Son anna-na, son anna-na, son annamite]

– mon grand-père me chantait cette chanson

– bien sûr

Il se tient de profil face à elle, croise les jambes et s’adosse un peu plus à son siège, signe qu’il a envie de digresser. Avec elle.

Il a sa blouse blanche, indissociable de ses consultations

Elle se demande comment il s’habille dans la vie civile et peine, du coup, à l’imaginer  en dehors de son cabinet

[Il m’appelle sa p’tite bourgeoise
Sa tonkiki, sa tonkiki, sa tonkinoise]

– Personnellement, je suis plus familier de Dvořák ou Ketèlbey

– Lady Héroïne

– Vous dîtes ?

Elle aime bien son niveau de langage, soutenu

Elle aime bien aussi quand il lui explique l’électrophorèse des protéines sériques ou que, non, décidément, le taux de saturation du fer dans son sang ne présente aucune anomalie, qu’il est parfait

– Comme vous… oui vraiment, c’est fou, vous êtes magnifique, vous frisez la perfection

Il dit cela en secouant la tête et en soupirant, il lève à peine les yeux de sa feuille d’analyses

Alors à cet instant elle sourit encore, lève les yeux un tout petit peu au ciel, minaude, juste manière, mais elle a bien perçu son trouble

comme la dernière fois

Pire elle l’a encouragé, programmé, calculé, lorsqu’elle a choisi sa robe couleur du temps

il était frais ce jour-là

sa robe couleur de feu, et accordé le fard de ses paupières, l’ombre sur ses pommettes, pâlit son teint plus que de raison, pour devenir mirage

Les trois coups (l’entrée)

– Vous êtes magnifique, il vous va à ravir ce maquillage, vraiment

Combien de médecins complimentent leurs patientes sur l’harmonie des ombres portées

Les statistiques sont sûrement en sa faveur

C’est sa manière à elle de s’assurer qu’elle est bien vivante,

Animée

(souffle, vie)

S’il la trouve jolie, voire émouvante, il  prendra soin d’elle, avec attention,

Elle ne sera pas interchangeable, entre une rhino et un lumbago,

Il se rappellera, lui qui oublie tous les autres, son prénom pour de bon

[D’autres lui font les doux yeux
Mais c’est elle qu’il aime le mieux]

Elle existera, à la ville et au monde

Elle se raccroche aux stimuli, feedback, à ce qu’elle lit dans ses yeux

Elle a l’habitude, trapèze sangles ou corde lisse

Elle pratique régulièrement

Un goût acquis depuis l’enfance,

Et son Absence (à Elle, le Fantôme de ses pas)

– Gainsbourg… il s’est inspiré du marché persan de Ketèlbey pour ce morceau

[Tous les charmes de la  Perse]

– C’est une ode à une femme ?

– C’est une ode à une drogue

Il lui fait les gros yeux – pour de faux – lui décoche un sourire, entre deux larmes,

Plus tôt, il a déchiré un bon mètre de drap d’examen pour les sécher

à propos de larmes

– Vous n’y pensez plus à cette sorcière de gynéco ?

– Un peu encore, si

Elle baisse la tête comme une collégienne, elle fait la moue

La main sous son menton, elle squatte son bureau, prend ses quartiers

[Je suis vive, je suis charmante
Comme un p’tit z’oiseau qui chante]

Elle le regarde traverser le bureau, prendre sa fiche, celle où il note tout ce qui la compose biologiquement, tout ce qui fait d’elle un être de chair et de sang, les contreparties chimiques, les dosages, les normes, les tendances, les pics, les vigilances

Elle voudrait prolonger la parenthèse, qu’il continue à lui parler de Casablanca, de Prague et de Kafka, des blessures de l’âme en Europe Centrale, des Fjords norvégiens et de la qualité indéniables de ses protéines sanguines

Exit le monsieur gras et transpirant dans la salle d’attente,
Exit la jeune rebeu qui pianote sur son portable dans l’anti-chambre
Exit la mère de famille catastrophée, genoux couronnés et larmes sanglotantes,

C’est peut-être sa voix, basse et fracturée par une presque-mort il y a 2 années (son cœur se suspend à cette pensée), ou son humanité, ou peut-être le regard qu’il pose sur elle, et qu’elle constate incrédule, anthropologue de l’impact, physicienne de l’effet, niveau amateur

– Vous savez, il est des femmes qui ne supportent pas la  féminité lorsqu’elle se présente à elles

[Aussi pure que Justine]

Elle se demande combien d’années les séparent

Elle, lui, et ses cheveux argentés

(- Un t, m,n… et votre nom il se prononce comment ?)

Elle regarde la photo de ses petits-enfants

– Ils ont quel âge ?

Il l’attrape pour lui montrer de plus près

(3 ans)

– Vous revenez me voir dans 10 jours ?

Elle souffle un oui-bouée, les yeux salés

Il lui serre l’épaule

la pacifier

– Je penserai bien à vous

 

 

The Physical Impossibility of Death in the Mind of Someone Living

hakan-celebi

J’attends qu’elle me rejoigne dans son cabinet. J’observe la déco standard vue mille fois chez ses congénères, faite de statuette en bois censée incarner la fertilité par leurs ventres rebondis, représentations multiformes de bambous pour la paix du cœur et de l’esprit (pour les tout est dans la tête immuno-déficientes) et coupes Hirstiennes d’utérus anonymes pour la caution scientifique des choses

Beautiful, Vaginal, Spiral,

Ses cheveux m’effraient d’emblée. Une sorcière blonde. Je n’ai pas peur des sorcières mais les blondes, il convient de s’en méfier. Tout le monde le sait. Si les rousses sont estampillées putes depuis l’Antiquité, les blondes sont malfaisantes à jamais.

« Alors ? Racontez-moi »

J’attaque sur l’angle technique. J’aime ça la technicité, c’est neutre et rassurant comme un théorème vérifié, pas de charge émotionnelle, du concret.

Mais Witchita a d’autres projets pour moi. Le racontez-moi aurait dû m’alerter, on est ici dans Le Conte, pas dans le constat des faits. Elle nous arrête très vite, moi, ma caution parisienne et mes formules policées (le Professeur Platinium m’adresse à vous), mes compte-rendus éclairés et images radiographiées

(t’as cru quoi, Petite Conne© ; que consulter dans le XVIème ça te referait une virginité ?)

Elle bouscule mon ordre des choses, ma présentation zen aux diapos colorées

« C’est comment avec votre mère ? »

Mon Etoile Thoracique se suspend un instant

« Nous allons vraiment parler de ça ?… »

Mother and Child Divided

Sa chevelure hirsute acquiesce, à mon cœur défendant

Appliquée et obéissante, j’évoque dans un souffle le Fantôme de Ses pas, les débuts avortés

The Void

(pourquoi tu lui réponds d’abord Petite Conne©, y a marqué « Gynéco » sur sa plaque, pas « Divan »)

Je regarde mes petits papiers éparpillés sur son bureau pour me rassurer

Elle s’en fiche, elle entre d’une main mes coordonnées vitales sur son clavier et de l’autre saisit la banderille qui harponnera mon âme de chienne perdue sans collier

« Et le deuil de votre génotype, vous l’avez fait ? »

Mon compteur interne affiche 5 ans, dans le rétroviseur de ma DeLorean™ mes cheveux prennent de nouveau la forme de macarons, mon sous-pull en polyester commence à gratter

A Thousand Years

J’ai 5 ans, un surnom de gâteau et mes lèvres forment un Oui, timide et complexé

(putain, c’est toujours pareil avec toi, Petite Conne© ! Toujours là, à te laisser impressionner parce que ça a un bureau et un peu d’autorité. Tu fais chier)

Je scanne la pièce, gauche-droite, gauche-droite, bambous-ventres, bambous-ventres, mes embryons de larmes vont sûrement tarir et ma lèvre inférieure se ressaisir

« Oui, ben cherchez pas. Vous n’avez jamais voulu devenir mère. Et vous ne le voulez toujours pas. Inutile d’insister. »

When Logic Dies

La fille au nom de gâteau appuie sur la pédale de l’accélérateur de la DMC-12

(il était temps d’engager le V6, Petite Conne©, je commençais à m’emmerder. Elle est passée où la petite fille du boxeur ? Rentre-lui dans le lard à cette pythie de mes deux, fais-lui bouffer son serpent monstrueux)

La fille-gâteau relève le front, le menton et ses macarons (dont une mèche stupide tente de s’échapper, contestant le fragile équilibre du tout bien ordonné)

« Nous parlons depuis à peine dix minutes et vous arrivez déjà à cette conclusion ? Un peu hâtif non ? »

Some Comfort Gained From the Acceptance of the Inherent Lies in Everything

« Oh, vous savez, je pratique la psychanalyse lacanienne depuis 30 ans, alors… »

(yo meuf, t’as dû rater 1 ou 2 modules niveau psychologie non ? Quant aux préliminaires, t’y vas à sec. Mollo quand même, hein, tu vas nous la traumatiser Petite Conne©, tu la connais pas, ses chakras vont être non-alignés pour les 6 prochains mois là)

La fille-gâteau rejoint sa zone de confort, vitesse de croisière, le coude par la fenêtre, elle admire le paysage Terre Brûlée

« Et pour le protocole Platinium ? »

Norcodeine, Calcium Gluconate Injection, Methylenedioxyamphetamine

Virage en épingle sournois de Witchita

« Hors de question que je vous marque tout ça. Pourquoi vous maltraitez votre corps d’abord ? »

La fille-gâteau grimace (y a un cliquetis chelou dans le moteur)

« ça va être compliqué »

Witchita pense elle aussi que « ça va être compliqué » mais de toute évidence elles ne parlent pas du même compliqué

La sortie 13 est annoncée, la fille-gâteau amorce son cligno

« Vous me tenez au courant ? »

La fille-gâteau abandonne son reflet dans le rétro

Elle tourne le bouton de la radio Craig, appuie sur Loud

Hold tight, sing and shout, Just ride my round-about

Devant, la ligne de fuite est belle et l’horizon clair.

 

 

¹Professeur Platinium : la Crème de la Crème de l’Est Parisien – La Silencieuse™ / Disciple TOA (Team Originale Amandine)

Crédits Inspiration
Damien Hirst – pour les titres en italique
Klo Pelgag, The Rodeo, Judd Apatow – pour les poussières de formules magiques volées

Blanche et muette (habillée des pensées que tu me prêtes)

dolores-del-rio

Si j’étais un objet,
Un éventail, Cadiz, Andalousie
Une fraîcheur de crépuscule
Te vient à chaque battement
Dont le coup prisonnier recule
L’horizon délicatement. 
(L'éventail, Mallarmé)

Si j’étais une couleur, je serais 
Johnny Cash
Barbara
Juliette Greco

Si j’étais un pays, 
Je ressemblerai à la Louisiane, À l'Italie
Le temps durerait longtemps
Et la vie sûrement
Plus d'un million d'années
Et toujours en été

Si j’étais un son, 
j'aurais 5 ans, ma tête posée sur la poitrine de mon père, ta voix se ferait caverne, cocon, amiotique

Si j’étais une odeur, 
Ton odeur sur l’oreiller, l’intimité, familière, celle de ta nuque, la naissance de tes cheveux
Ta présence dans l’absence

Si j’étais un aliment, 
Une orange sur la table
Ta robe sur le tapis
Et toi dans mon lit
Doux présent de la présent
Fraîcheur de la nuit
Chaleur de ma vie 
(Alicante, Prévert)

Si j’étais une saison, 
Une presque-nuit, un jardin, un treillis, la chaleur enfin apaisée, les grillons 
L'Eté.

Si j’étais un couple, 
Franz et Milena 
Guillaume et Lou, 
des mots et une passion, 
l'attente, la distance
le je, nos jeux
les stimuli
L’Epistolaire 

Si j’étais une fleur, 
Coquelicot, en robe vaporeuse couleur sang, esseulée parmi les blés, je me disperserai aux mille vents 
si tu tentais de m'attraper, refusant tout destin cocardier, loin des tranchées
Après l’Homme, après l’Homme,
Qui dira aux fleurs comment elles se nomment ? 
(Après l'Homme, Esther Granek)

Si j’étais un poème, 
Toute chose 
S'est animée de la possibilité de ta présence
De la possibilité que tu t'asseyes sur la peau de la chaise
Que tu passes les doigts sur le corps de la table
Que ta voix retentisse dans les veines de la chambre
(Probabilité, Roja Chamankar)

Si j’étais un proverbe, 
(je n'aime pas les proverbes)

Si j’étais un moment de la journée, 
Celui de si j'étais une saison

Si j’étais une date, 
Hier, aux contours effacés,
Je n'aurais d'avenir,
Ni éphéméride

Si j’étais un objectif 
Argentique

Si j’étais un souvenir d’enfance, je serais 
L'Absence

(en réponse à Kaymet <3)

Le titre est de Marcel Mariën